Par anonyme anti-fascistes. Une version de cet article est paru dans le livre de recettes pour la prévention des catastrophes: An Anarchist Cookbook

Ça commence toujours de la même façon. Des autocollants et des flyers apparaissent
dans nos lieux de rencontre ou sont distribués de porte à porte. Les médias rapportent
des attaques ou des actes d’intimidation contre des gens de couleur. Des rumeurs
circulent à propos de boneheads qui se tiennent autour des écoles de nos communautés. Les
incidents homophobes augmentent. Les jeunes de la scène hip hop, les punks, les skinheads
anti-racistes se font courser dans la rue par des nazis. Des personnages louches
entreprennent des campagnes contre l’immigration. Une controverse locale éclate au sujet
d’un dossier racial et des groupes néo-nazis planifient une manifestation pour faire
monter la pression. Rapidement, tout déboule : des groupes suprématistes blancs (white
power) organisent des concerts, les racistes occupent des positions stratégiques, des
boneheads attaquent des concerts, battent des gens et s’en prennent à des endroits
associés à la gauche, exerçant ainsi une dominance sur la jeunesse locale, sur la rue et
sur la scène. La pression monte. C’EST LE TEMPS DE RIPOSTER !

Les personnes bien-pensantes vous diront qu’ignorer les fascistes les feront
disparaître ou encore que les autorités vont s’occuper d’eux… Bullshit ! Ignorer un
problème ne le fait pas disparaître et tant que les flics auront certains liens avec les
fascistes ou du moins qu.ils n’accepteront pas de virer leur veste de côté, ils pourront
aller dans certains cas jusqu’à être contents d’avoir des fascistes dans les environs
pour prendre soin des « extrémistes » à leur place. Mais si les fascistes sont dénoncés
et combattus à la fois avec des idées et des poings, leurs efforts d’organisation peuvent
être sérieusement affaiblis et même défaits.

INSTRUCTIONS : CONNAISSEZ VOTRE ENNEMI

Dans cette brochure, le terme fasciste est généralement utilisé pour décrire
l’habituel suprématiste blanc néo-nazi. En réalité, le fascisme est beaucoup plus
compliqué. Si plusieurs définitions existent, le noyau du fascisme est lié à un
autoritarisme rigide, à l.ultra-nationalisme, à la glorification de la violence et à la
domination des femmes par les hommes. S’il est vrai que nos gouvernements actuels collent
souvent à cette définition, une différence importante avec les fascistes est que ces
derniers mettent l’emphase sur l’action populaire sans intervention de l’état,
normalement avec l’intention de remplacer le gouvernement en place. L’emphase est mise
sur l’identité raciale, sur des croyances suprématistes, sur l’héritage mythique avec
parfois un culte de la personnalité. Il y a plusieurs autres types de fascistes : les
chrétiens anti-avortement qui attaquent des cliniques médicales, les fondamentalistes
religieux de touts poils, les stalinistes autoritaires, etc. Chacun de ces groupes est
différents et mérite une approche individuelle.

Certaines personnes pensent que les fascistes sont des groupes marginaux et
inconséquents ignorés de tous et dont l’idéologie n’atteint personne. Pensez-y deux fois.
Les groupes néo-fascistes ne sont plus sur le respirateur artificiel et ils reprennent
une nouvelle vigueur en faisant un retour marqué partout dans le monde, et Québec n.y
échappe pas. Dans les dix dernières années, ils ont fait des gains électoraux et ont
repris la rue dans certaines villes (Europe), provoqué des nettoyages ethniques (Europe
de l’Est), construit un empire millionnaire basé sur la vente de musique et de
marchandise ”white power” pour financer leur mouvement (USA) et commis divers actes
terroristes (partout dans le monde), ce qui est sans compter les efforts au niveau local,
ce qui inclut l’organisation à petite échelle, les blitz de propagande et des attaques
physiques.

L’existence et l’enracinement de groupes d’extrême-droite et néo-nazis sont réels. Ces
groupes comportent des factions contradictoires et compétitives : légal vs illégal,
organisations de masse vs cellules anonymes, religieux vs laïques, chrétiens vs
satanistes, suprématistes blancs vs nationalistes, straigths vs boneheads. Certains de
ces groupes sont désorganisés et ne font que se réunir sporadiquement pour attaquer leurs
cibles favorites quand elles sont en position de faiblesse. D’autres sont hautement
organisés et sérieux dans leur croisade pour « changer la société », utilisant pour ce
faire des cellules clandestines ou des organisations publiques pour atteindre leurs buts.
Certains affichent ouvertement leur haine raciale et appellent au nettoyage ethnique
alors que d’autres, sous prétexte de défense identitaire, cachent leur motivations
réelles sous des prétextes de sauvetage de l’héritage culturel tout en prétendant agir
sous des motifs de fierté et d’amour pour « leur peuple ». À la base, les supporters de
ces groupes plus mainstream sont des politiciens, des flics, des universitaires, votre
voisin d’à côté ou votre oncle Antoine.

Le fascisme d’hier et d’aujourd’hui est lié à une indiscutable tradition de terreur et
de meurtres racistes. Traiter les fascistes comme une menace n’est pas de la parano :
c’est de l’autodéfense qui relève du bon sens. Même les petits groupes fascistes peuvent
beugler assez fort pour pousser leur discours dans l’arène publique et ainsi entraîner
les débats vers la droite. À partir du moment où ils commencent à s’implanter dans un
milieu, ils augmentent le niveau de violence pour entre autres chasser leurs ennemis
antiracistes et anarchistes.

Pour affronter le fascisme, il est essentiel de lui opposer nos propres alternatives.
Le fascisme interpelle des personnes qui sont de façon compréhensible éc.urées de notre
société bordélique mais sans les éveiller à propos des racines réelle des problèmes qui
nous pourrissent la vie (capitalisme, patriarcat, hiérarchies, etc.). Ainsi, ces gens
suivent les solutions simplistes et faciles que les fascistes leurs offrent. Comme
antifascistes, nous devons convaincre les gens en démontrant les mérites de la
solidarité, de l’aide mutuelle, des relations non-hiérarchiques, de la solidarité entre
les cultures ainsi que les bienfaits de l’action directe appliquée dans nos milieux. Il
reste que parfois, les mots ne sont pas assez forts. Vous devez alors agir ou risquer
d’être réduits au silence pour toujours.

SÉCURITÉ

L’action directe antifasciste est un travail dangereux. En plus de devoir composer
avec la répression policière, vous devez vous surveiller à cause du risque d’attaques de
la part de fascistes dans votre communauté, dans la rue ou chez vous. Armez-vous.
Surveillez vos arrières. Entraîner-vous à l’autodéfense. Prévoyez les urgences et mettez
en place un réseau capable de répondre de façon rapide aux crises et aux alertes de façon
à ce que vos camarades puissent compter sur vous. Mettez de côté des fonds qui pourront
servir à couvrir des dépenses légales. Prenez la chose au sérieux. Des vies pourraient en
dépendre.

Les mesures de sécurité de base devraient être connues et appliquées par tous les
antifascistes. N’utilisez pas votre vrai nom quand vous vous engagez dans un tel travail.
Gardez votre numéro de téléphone et votre adresse confidentiels. Utilisez des boîtes
postales. Soyez prudents et évitez que vos informations personnelles circulent. Gardez un
profil bas sur Internet et lors de conversations avec des gens en qui vous n.avez pas une
entière confiance. Utilisez le plus souvent possible des pseudonymes ou noms d.emprunt,
et sur Internet des logiciels d’encryption. Vérifiez toujours le passé des personnes qui
veulent joindre votre groupe. Assurez vous d’avoir un service de sécurité préparé et
efficace pour toute activité ou situation présentant des risques potentiels (événements
publics, concerts, réunions). Sachez quelle sera votre réponse dans le cas où des
fascistes se présenteraient ou attaqueraient.

Le militantisme antifasciste radical veut parfois dire s’engager dans des activités
quasi paramilitaires. Si vous n’êtes pas prêts à penser et agir de cette façon, vous
devriez peut-être vous tourner vers d’autres formes de lutte. Dans tous les cas, vous
serez un jour où l’autre confrontés avec des fascistes. Ce qui ne veut pas dire que la
violence est toujours la réponse appropriée et qu’il faut adopter une mentalité de gang,
la nôtre contre la leur. Mais il reste que dans le cas de l’antifascisme radical, une
préparation intense est nécessaire.

ENQUÊTER

La popularité du fascisme varie selon les lieux et le climat politique. Au risque de
généraliser, on peut dire que les fascistes sont généralement dans une situation où ils
savent qu’ils ne sont pas populaires, essayant de garder un profil bas dans le cadre de
leurs activités. Le fait que vous n’avez pas dans votre ville des nazis qui se promènent
dans la rue avec des drapeaux à croix gammée ne veut pas dire que vous n’êtes peut-être
pas pris avec une infestation fasciste. Ils sont là, passant anonymement leur propagande
par pamphlets ou sur Internet, salissant les murs de leurs graffitis racistes,
distribuant par la poste ou internet leur matériel haineux, recrutant des membres un par
un, infiltrant d’autres groupes, mettant sur pied leurs plans et agressant parfois des
minorités ethniques, des homosexuels, sans que jamais ces agressions ne soient recensées
ou connues du public comme étant des agressions haineuses.

Soyez à l’affût de toute information pertinente et conservez les toutes. Aussitôt
qu’il est question des fascistes dans les médias, recueillez le plus d’informations
possible. Intéressez vous aux noms, adresses, numéros de téléphones. Utilisez la
recherche inversée (reverse lookup sur www.411.ca) afin
de savoir quelle adresse est liée à un numéro de téléphone que vous avez en main. Si des
néo-nazis se font arrêter, obtenez copie (c’est public, au Palais de justice) de leurs
documents judiciaires qui contiennent beaucoup d’informations. Si possible, assistez aux
comparutions. Prenez des photos d’éventuels supporters des fascistes inculpés. Surveillez
leurs sites Internet et forums de discussion, fouillez les sites tel ..Myspace.. et
..Facebook.., devenez leurs amis virtuels pour en apprendre sur eux. Créez de fausses
adresses email, faites vous passer pour un des leurs, communiquez avec eux. Abonnez-vous
à leurs magazines, news letters, forum. Prenez note des rumeurs à propos des endroits où
ils se rencontrent : allez-y et surveillez-les (de loin ou de façon anonyme si c’est trop
dangereux). Lorsqu’ils organisent des événements, contactez-les et recueillez le plus
d’informations possible. Surveillez ces événements. Notez les numéros de plaque et les
modèles des véhicules. Prenez des photos claires des visages des fascistes sans toutefois
vous faire remarquer, à moins que vous n.ayez organisé une action directe de
perturbation. Faites des liens entre les noms et les visages. Envoyez des infiltrateurs
dans leurs concerts, réunions ou autres événements. Si vous voyez un nazi dans la rue,
suivez-le : il est parfois préférable de recueillir de l’information plutôt que d’agir
immédiatement. Partagez ces informations avec d’autres antifascistes de confiance.
Découvrez où les fascistes habitent, travaillent, étudient. Analysez leurs relations :
qui se tient avec qui ? Qui a des rôles de leadership ? Qui pourrait être un indict de
police ? Ou qui risque de sortir un gun et se mettre à tirer dans le tas…. Amassez le
plus d’informations à leur sujet.

Mettez en place au sein de votre communauté un réseau d’informations par lequel les
gens peuvent vous joindre (téléphone, poste, email) pour transmettre des informations à
propos des lieux de rencontre des nazis. Affichez des autocollants et des posters au
sujet de la présence de nazis dans les endroits où ils se trouvent avec la mention «
UNWANTED » ainsi que des photos d’eux. Vous serez surpris de la réponse obtenue mais
restez prudents : vérifiez bien chaque information reçue. Cette démarche peut aussi vous
mettre en lien avec des gens qui habitent près de fascistes ainsi qu’avec des alliés
potentiels.

PLANIFICATION

Le travail antifasciste n’est pas quelque chose à prendre à la légère. Si vous n’avez
pas de plans, quelqu’un pourrait être blessé.

Commencez par faire le portait de votre situation locale et décidez ce que vous voulez
accomplir. Établissez les scénarios probables et développez une stratégie. Vous devez
garder en tête plusieurs éléments trop nombreux pour être énumérés ici. Votre situation
locale est unique et vos plans doivent la refléter. Est-ce que la situation appelle à une
organisation communautaire pour, par exemple, empêcher publiquement un fasciste d’accéder
à un poste important (politique ou autre) ? Peut-être qu’il est plutôt approprié d’avoir
un petit groupe d’affinité qui opère ses propres plans pour faire planter à toujours une
entreprise de distribution de matériel haineux au moyen d’une vente de feu non prévue ?
Essayez de vous transposer dans les souliers des fascistes et imaginez ce qui pourrait
leur être le plus nuisible. N’oubliez pas de tenir compte des conséquences possibles de
vos actions. Est-ce qu’elles causeront une violente contre-attaque des fascistes ?
Êtes-vous préparés à rendre les coups ?

Il est utile d’observer les groupes antifascistes et d’analyser le travail qu’ils ont
accompli. Des groupes tels qu’ARA, (au Canada et aux États-Unis), RASH (partout dans le
monde), Antifascist Action (Europe) et le mouvement antiraciste allemand autonome ont
appliqué une variété de tactiques et appris plusieurs leçons. Ces modèles ne peuvent pas
fonctionner dans toutes les situations mais ils peuvent être source d’inspiration.

Un avertissement important : soyez prudents dans le choix des personnes avec qui vous
travaillez. Plusieurs groupes importants peuvent sembler être vos alliés mais s’avèrent
parfois être presque des ennemis. Aux États-Unis, par exemple, la Jewish Defense League
et l’Anti Defemation League sont reconnus pour avoir collecté des informations à propos
des antifascistes radicaux et les avoir transmises aux flics. L’ADL et le Southern
Poverty Center tentent de convaincre le public d’ignorer les activités des fascistes et
ont dénoncé les antifas radicaux dans le passé en les disant violents et aussi pires que
les nazis en ajoutant que les antifas à tendance communiste ou anarchiste ont un agenda
caché.

ACTION

À vous de choisir entre une action communautaire et publique ou l’action directe
clandestine. Des conseils au sujet des deux stratégies sont donnés plus loin, mais il y a
un aspect de la lutte antifasciste qui doit être abordé maintenant : la confrontation
directe. Peu importe où vont les fascistes, ils doivent être confrontés. Choisissez vos
combats : ne vous lancez pas dans une confrontation dangereuse et inutile (par exemple
contre des nazis armés alors que vous ne l.êtes pas) que vous perdrez si vous êtes en
sous-nombre ou non préparés à vous battre, ou qu’il est préférable d’éviter (si vous
risquez une arrestation aux graves conséquences) ou qu’en évitant, vous permet de
recueillir des informations cruciales en observant au lieu d’agir.

La plupart des confrontations commencent verbalement mais peuvent rapidement escalader
vers quelque chose de plus physique. Vous devez garder le contrôle et même établir le ton
de la confrontation. Ayez un plan, restez en total contrôle aussi longtemps que c.est
possible ! La confrontation est une bataille psychologique : vous voulez les intimider,
les humilier et les rendre inconfortables tout en augmentant la confiance dans les rangs
des antifas. Se faire planter verbalement peut être tout aussi démoralisant que de se
faire planter physiquement, les deux méthodes ayant leur place selon le contexte. En même
temps, attention de ne pas vous donner en spectacle pour rien. Si vous commencez quelque
chose que vous ne pouvez terminer, vous perdrez en crédibilité. N’ayez toutefois pas peur
de retraiter si votre sécurité en dépend.

Parfois, ce seront les fascistes qui vous confronteront. Gagner des combats, ce n’est
pas toujours être celui qui fait le plus de bleus à son adversaire ou qui l’emporte sur
le plus grand nombre d’ennemis. C’est aussi avoir la volonté de gagner. Ça sonne comme de
la propagande facho, mais c’est vrai. Tout comme perdre une bataille ne veut pas toujours
dire perdre la guerre. Vous ne finirez peut-être pas premiers, mais votre façon de vous
battre peut vous apporter respect et support.

Si vous prévoyez une confrontation physique, assurez-vous que tout le monde est
préparé. Gardez les rangs serrés et surveillez les arrières de chacun. Si ce n’est pas
possible autrement, portez des armes sauf dans le cas où une fouille policière est
probable, dans lequel cas des objets moins incriminants mais tout aussi efficaces feront
l’affaire : mâts de drapeaux, gros bâtons de pancartes, batteries, lampes de poche,
cadenas et chaînes de vélo par exemple. Ayez à portée de main du matériel de premiers
soins et connaissez l’itinéraire vers les hôpitaux les plus proches. Si quelqu’un est
blessé, racontez une histoire inventée à l’hôpital pour éviter une enquête policière.
Connaissez les limites de chacun et ayez un plan qui vous permet de frapper fort et de
partir vite. Saisissez les opportunités, soyez opportunistes. Le but n.est pas de se
donner en spectacle, mais de gagner, rapidement. N’oubliez pas de vous masquer.

L’ANTIFASCISME ET LES MÉDIAS DE MASSE

Les médias de masse sont rarement du côté des antifascistes. Dans le meilleur des cas,
vous serez décrits comme des justiciers violents ou comme une simple bande rivale. Les
groupes ”mainstream” feront de leur mieux pour dénoncer vos tactiques.

Cela ne veut pas dire qu’il faut éviter les médias de masse. L’opinion antifasciste
militante doit être articulée et diffusée le plus largement possible. Choisissez des
représentants articulés qui parleront pour vos groupes mais assurez-vous qu’ils protègent
leur identité. Les fascistes et les flics regardent les nouvelles eux aussi ! Utilisez
des pseudonymes et masquez-vous.

Sachez que les médias feront aussi leur possible pour avoir des entrevues avec des
fascistes, ce qui assure à ces derniers une chance de propager leur idéologie. Empêchez
que ça arrive quand c’est possible. Si vous avez l’opportunité d’interrompre une telle
entrevue, soyez bruyants et assurez vous que votre point de vue soit connu.

SCÉNARIO 1

Suivre les activités des fascistes dans les médias

Du vandalisme sur une synagogue ou une mosquée. Un couple multi-racial est attaqué.
Des pamphlets racistes distribués la nuit. Une croix brûlée devant la maison d’une
famille de noirs. Vous avez peut-être entendu des histoires du genre dans les médias
récemment. Premièrement, collectez autant d’informations que vous pouvez. Notez la date,
l’heure, le lieu et les noms des personnes impliquées ou arrêtées. Ensuite, tournez vous
vers d’autres sources : médias locaux, hebdomadaires, radio, etc. Écoutez les nouvelles
et les rumeurs. Cherchez sur Internet. Ensuite, trouvez une voiture et allez enquêter sur
les lieux des incidents. Cherchez des signes d’activités racistes (graffitis,
autocollants, drapeaux ultra nationalistes, etc.). Notez les endroits où les fascistes
peuvent se rencontrer dans cette zone (bars, parcs, etc.). Parlez aux gens du coin,
particulièrement aux jeunes et aux personnes qui travaillent dans des dépanneurs,
épiceries et bars. Posez des questions à propos des boneheads ou d’incidents raciaux.
Soyez prêts dans le cas où vous tomberiez sur des nazis dans la rue.

Si vous avez l’adresse d’un facho impliqué dans un incident, surveillez-le tel
qu’indiqué plus haut. Tenez-vous dans le coin. Si c’est la nuit, et que vous ne risquez
pas de paraître suspects, assisez vous dans une voiture et surveillez l’adresse pour voir
qui va et vient. Suivez quiconque à l’air suspect. Si vous en avez la chance, prenez
leurs sacs d’ordures et examinez-les ailleurs. Vous pourriez trouver des informations
personnelles à propos des nazis ou encore de la correspondance ou tout autre document. Si
vous disposez d’un numéro de téléphone, appelez et prétendez être un journaliste. Soyez
prudents pour ce qui est de l’endroit d’où vous appelez pour que l’appel ne soit pas
retracable. Posez des questions sur l’incident, ceux qui étaient impliqués, les personnes
ou groupes impliqués. Pompez le plus d.informations possibles. Une autre alternative est
de prétendre appeler de la part d’une grande organisation fasciste. Dites que vous avez
entendu parler de l’incident et que vous voulez offrir de l’aide et du support.

Si un facho a été arrêté, informez-vous du moment de sa comparution et assistez-y.
Prenez des informations à propos de supporters des fachos. Essayez de les suivre quand
ils partent. Si vous êtes un antifa connu ou reconnaissable, vous risquez d’être harcelé
ou attaqué dans la rue, alors soyez prudent. N’y allez pas seuls. Vous avez deux choix :
garder un profil bas et observer ou encore assurer une présence antifa large et bruyante
pour leur laisser savoir que vous êtes à l’affût. Faites de votre mieux pour les
intimider.

Une autre méthode, plus complexe, est d’appeler les victimes de l’incident en
question. Cela doit être fait avec un tact extrême. Présentez-vous de la sorte : «
Bonjour, mon nom est (pseudonyme) et je travaille avec une organisation de jeunes
antiracistes appelée ARA (par exemple, ou tout autre groupe) et nous avons entendu parler
de ce qui est arrivé. Nous effectuons des recherches et de l’éducation pour dénoncer le
racisme et les violences racistes. Est-ce que je pourrais vous poser quelques questions à
propos de l’incident ? Ici encore, soyez prudents et utilisez un téléphone non
retracable. La personne peut accepter de parler ou encore pêter les plombs. Si elle ne
veut pas parler, excusez-vous, remerciez-la du temps accordé et raccrochez. Si l’incident
est lié à une éclosion des activités de fascistes, vous pouvez être tentés d’organiser
une réponse communautaire et publique (voir scénario 3).

Maintenant que vous avez en main des informations à propos des fascistes qui
représentent une menace dans votre coin, vous pouvez prendre une décision éclairée au
sujet de votre contre-attaque. Vous pouvez aussi décider de transmettre l’information que
vous avez accumulée à une importante association antifasciste active au niveau national
(ex: ARA, RASH, etc.).

SCÉNARIO 2

Comment répondre à la présence d’une gang de boneheads qui se tiennent dans des lieux
publics

Vous entendez parler de boneheads qui rôdent autour d’une école ou dans d’autres lieux
publics. Est-ce qu’il s’agit seulement d’une personne affichant des patchs xénophobes ou
réactionnaires, ou est-ce qu’il se passe quelque chose de plus grave ? Il faut
s’organiser pour le savoir.

Commencez par approcher tout contact que vous pouvez avoir dans l’école ou le lieu en
question : amis, professeurs, jeunes que vous connaissez ou autres. Demandez-leurs ce
qu’ils savent. Ensuite, rendez-vous sur les lieux et distribuez des pamphlets
antiracistes, des autocollants et d’autre matériel intéressant et gratuit. Faites savoir
aux gens que vous faites partie d’une organisation antiraciste et que vous agissez suite
à la diffusion d’informations concernant la présence de nazis actifs dans le coin.
Certains seront plus qu’intéressés à transmettre des informations et plusieurs pourraient
vouloir se joindre à vous pour vous aider à expulser les fascistes et participer à la
lutte. Si possible, encouragez-les à mettre en place leurs propres groupes antifas dans
leur milieu.

Le but est de trouver qui sont les jeunes fascistes, où ils se tiennent et s’ils sont
liés à une organisation néo-nazie. Parfois, vous aurez face à vous des jeunes en manque
d’indentité qui ne font que penser que l’allure bonehead est cool, lesquels peuvent
facilement être convaincus du contraire. Parfois, vous découvrirez qu’un ou plusieurs
d’entre-eux (ou sinon l’un de leurs plus vieux amis ou frères) est lié à un groupe
organisé. Il faut se mettre rapidement sut leur cas ou sur celui de ceux qui les
manipulent et organisent avant que plus de jeunes ne soient embrigadés.

Vous prendrez plusieurs risques en vous rendant dans des lieux ou des fascistes se
rencontrent présumément. Vous pourriez tomber sur des nazis, alors vous devez être
préparés pour une confrontation. Vous pourriez aussi avoir des emmerdes avec les
administrateurs de l’endroit, avec des agents de sécurité ou avec les flics. On peut vous
menacer d’arrestation pour être présent dans un endroit interdit. Si vous pouvez
contrôler cette situation, elle peut tourner à votre avantage : une controverse à propos
de personnes qui transmettent de l’information antiraciste attirera l’attention.

SCÉNARIO 3

Se débarrasser d’un fasciste

Vous avez en main le nom et l’adresse d’un fasciste actif. À part vous payer une
partie de plaisir nocturne, que faites-vous de cette information ? Facile ! Présentez ce
nazi à ses voisins. C’est particulièrement efficace quand les fascistes tentent de garder
secrètes leurs activités. Commencez par vérifier sérieusement que les informations que
vous avez en main sont véridiques. Assurez-vous que le nazi habite bel et bien là et
qu’il est la personne que vous pensez qu’il est. Fabriquez une affiche avec sa photo, son
nom, son adresse, son numéro de téléphone en plus de toutes les informations que vous
avez à propos de ses activités fascistes et personnelles. Ajoutez des informations à
propos de l’importance de la lutte antiraciste et de la solidarité ainsi que des conseils
pratiques applicables par tous les citoyens qui désirent combattre le fascisme dans la
vie de tous les jours ou encore s’impliquer encore plus activement.

Posez ces affiches partout, particulièrement où vivent, travaillent, se tiennent ou
vont à l’école les fascistes. Puis, rassemblez un groupe qui fera du porte à porte dans
le quartier du nazi. Expliquez à ses voisins qui il est et pourquoi il doit être
confronté. Encouragez le voisinage à s’organiser contre lui. Cela met de la pression sur
le facho tout en l’exposant à sa communauté. Ce genre de dénoncement public peut mener à
d’intéressantes et spontanées actions communautaires contre le ou les nazis. Plusieurs
personnes détestent les nazis et les racistes et, si on leur donne la chance, ils leur
serviront une leçon de justice de rue.

Ce genre d’opération doit être menée avec soin. Tenez compte de la classe, de la
culture et de la composition ethnique de la zone impliquée pour avoir une idée de la
réponse que vous aurez. Déplacez-vous en groupes et assurez-vous d’avoir quelques
personnes qui gardent un oeil ouvert en cas de trouble pendant que les autres distribuent
des flyers ou parlent aux citoyens du coin. Votre cible peut vous voir ou avoir entendu
parler de votre action et avoir appelé du renfort. Vous pourriez aussi tomber sur des
voisins qui sont des amis de votre cible ou qui sont des fascistes eux-mêmes. D’autres
résidents peuvent simplement être exaspérés d’être dérangés et appelleront la police. Une
confrontation incluant de la violence et des arrestations est possible, alors vous devez
être préparés.

Tous ces risques peuvent valoir la peine. Vous pourrez avoir un impact positif et
développer de nouvelles relations avec le voisinage, les résidents, les jeunes. Certains
vont apprécier vos efforts et demanderont comment ils peuvent aider; soyez prêts à
transmettre de conseils tactiques. Ces nouveaux contacts pourraient même vous donner des
informations sur les activités des nazis ou vous contacter plus tard pour le faire.

À titre de frappe ultime, vous pouvez vouloir organiser une manifestation et marcher
jusqu’à la porte du fasciste pour le confronter. L’idée est de l’intimider et de lui
faire savoir que vous êtes préparés à mener la lutte jusqu’à chez-lui. Encouragez les
voisins à vous joindre. Si le nazi ne se montre pas, laissez-lui quelques messages qu’il
n’oubliera pas. Les risques de violence et d’arrestations sont plus élevés dans ce genre
de situation et vous devez donc être préparés en conséquence.